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Archive for the ‘7- Exposé Cours Entreprise et développement durable’ Category

Les présentations précédentes ont eu l’utilité d’exposer les cadres théoriques et de l’utopie pratique que peut engendrer l’intégration des valeurs responsables aux pratiques d’achats.

Théoriquement, pour une entreprise, adhérer à un processus tenant des principes de la RSE, c’est promouvoir le respect d’un certain équilibre entre les parties prenantes à un projet donné. Le but premier étant d’en faire un moteur de rattrapage économique et social, pour les démunis et les laissés pour compte avec, en filigrane, la conservation et la protection de l’environnement. Ce qui en découlerait, toujours en théorie, est une connivence entre les parties prenantes au même but, et qui, dans une société de communication, prouverait le bon sens et la bonne volonté de chaque entité participant au projet. Or, la pratique démontre une réalité quasi contraire. La tendance est au marketing et à la projection d’images assez larges et brillantes pour dissimuler des actes incohérents.

En effet, il est à croire que la souscription à des valeurs de la RSE se matérialise le plus souvent dans le sens inverse de la théorie. Ce ne sont plus les résultats des actions volontaires, en aval, qui véhiculent les images de responsabilité, mais il semblerait que seule l’adhésion, en amont, est susceptible de prouver les pratiques éthiques et responsables des entreprises.

Sur ce tableau, on peut accrocher l’exemple de « Max Havelaar ». Dans un article paru dans le « Monde Diplomatique » du mois de septembre, une dénonciation est faite de l’ambiguïté du commerce équitable. En résumé, il est fait état du rapprochement de l’association « Max Havelaar » de certaines entreprises dont les pratiques sociales sont loin d’être des exemples.

Dans cette optique, la pratique des achats responsables se pose sur deux niveaux : les plateformes d’achats ou les acheteurs de professions, et les consommateurs ordinaires.

Le premier volet explore et montre l’aspect mercantile et concurrentiel. Le rapprochement de la marque « Max Havelaar » avec certaines grandes entreprises a induit un effet contraire aux principes de base de la marque. Les petits producteurs sélectionnés et subventionnés par la marque sont désormais sur le palier du marché concurrentiel et en proie aux pressions de grands acheteurs dont les produits en distribution porteront le logo « Max Havelaar ». La pratique est telle que, pour le café, les prix à la livre sont imposés par FLO – Max Havelaar quel que soit le prix proposé au consommateur final. Les grands groupes s’engagent à payer ce prix minimum aux producteurs sans s’engager sur les volumes. Par la suite, leurs déclarations de « pratiques responsables » engendrent des profits substantiels sur les cours du marché mondial.

Du point de vue du consommateur final, un produit estampillé « Max Havelaar » joue le rôle de réconfort de conscience : payer plus cher en croyant en la bonne répartition des marges entre les différentes parties prenantes. Les rémunérations perçues par des petits paysans, dans la filière du coton malien par exemple, sont désormais fixées par le marché où opèrent de puissants groupes financiers ou agroalimentaires, qui opposent ces mêmes rémunérations « équitables » aux dividendes de leurs actionnaires.

Ces pratiques témoignent d’une certaine instrumentalisation du commerce équitable : un outil marketing mettant le voile sur des enjeux économiques dépassant l’utopie de la RSE.

L’affaire du coton malien remet en cause la crédibilité éthique de la marque « Max Havelaar », en prenant en compte les résolutions lucratives de la culture d’OGM par la transnationale Dagris.

Que dire du café équitable « Max Havelaar » servi chez McDonald’s dont les pratiques sociales sont présentées comme violentes.

Ceci pour dire que les considérations portant sur des pratiques d’achat responsable peuvent être corrompues par des maquillages éthiques, dont la pseudo-garantie (Max Havelaar) semble y être incorporée. L’intitulé « à l’intérieur de l’enclos privé » pense à démontrer, en premier lieu, les activités internes au processus d’achat des entreprises. C’est-à-dire que les enseignements de la RSE doivent porter d’abord sur nos propres pratiques avant d’envisager un débordement ou « externalité » sur les autres parties prenantes.

 

Extrait d’une présentation sur le thème des achats durables en entreprise réalisée par Zofia Zusman, Luisa Castro et Nabil Ben Ammar à l’université de Lille 1 en novembre 2007. Cet extrait présente une analyse critique de la problématique, réalisée par Nabil Ben Ammar.

 

 

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Cette rubrique cherche à retracer l’impact que peut induire une entreprise par son non respect des pratiques de la RSE au sein de son activité d’achat.

Suivant des considérations microéconomiques, une entreprise produit des externalités négatives ou positives :

– Externalités négatives : lors de son processus d’achat, de par son poids de négociation, l’entreprise peut éliminer des fournisseurs potentiels en pratiquant des exigences tarifaires d’entrée. Ces pressions exercées, comme en témoignent les recommandations aux acheteurs de Carrefour mentionnées plus haut, tendent à faire abstraction des notions de développement durable. Cet exemple se recoupe avec celui des producteurs de coton ou de café qui se retrouvent confrontés aux exigences du marché majorées du pouvoir de négociation des grands groupes. Ces fournisseurs subissent de plein fouet les forces concurrentielles exposées par le modèle de Porter. Une application de bas prix parait nécessaire pour décrocher des contrats, souvent aux dépends de la promotion des valeurs de développement économique et social.

Toujours dans ce contexte, les externalités négatives peuvent être aussi environnementales et sociales : l’exemple de « Firestone » et l’exploitation de caoutchouc au Libéria, de forts désastres écologiques avec la contamination des eaux, la propagation de maladies et de déformations physiques chez les travailleurs autant que chez les riverains, mais aussi des conditions de travail esclavagistes sur un fond de connivence politique « Firestone » étant le plus grand employeur du pays.

– Externalités positives : Avec la forte mondialisation et les externalisations vers les pays à bas salaires, les entreprises importatrices commandent de plus en plus des audits en matière de qualité des produits commandés. Comme en témoigne la conférence tenue par M. Alexandre Godvin du cabinet Asia Quality Management, exerçant en Chine, en Inde et au Bangladesh, son activité est amenée à perdurer aussi longtemps que des déficits de qualité de produit et de conditions de travail seront à reporter. Par extrapolation, cette activité peut faire office de catalyseur pour la promotion des valeurs de la RSE. L’achat responsable intervient donc lorsqu’une entreprise acheteuse sollicite l’intervention d’un cabinet pour la notification de certains problèmes relatifs à la production des produits convoités :

– déficit de qualité : moteur d’amélioration du savoir-faire et du développement des techniques et de l’organisation du travail

– Conditions de travail : l’obligation de l’exercice de pratiques sociales conformes aux renseignements de la RSE. (Sécurité, temps de travail…)

 

Sur un plan légal, les achats responsables promus par des législations appliquées dans un pays A, sont susceptibles d’avoir des répercutions sur un autre pays B. L’exemple de la TVA sociale permet d’amortir le déficit des charges sociales dans les prix des produits importés de pays à bas salaires. En effet, cette surtaxe aurait comme effet d’influer sur les pratiques sociales des pays de fabrications. Mais ceci peut créer aussi un effet d’éviction sur les entreprises qui avaient délocalisé leurs activités dans ces pays. Le risque, à moyen terme, est que la possible amélioration des conditions de travail et de rémunération se transforme en frein au développement économique par le désengagement des exploitants, qui se tourneraient vers d’autres pays encore exempts de ces révolutions sociales. L’espoir est que, à plus long terme, ces barrières tarifaires poussent au relèvement des niveaux sociaux des pays du sud.

 

En définitive, l’achat responsable peut être un moteur au développement des pratiques de la RSE. Comme démontré plus haut, il peut avoir des formes enfouies ou détournées. Il peut englober le processus de recherche de la qualité, il peut être accompagné par des législations restrictives, au premier abord, mais motrices pour ce qui est du développement social. Mais l’achat responsable, peut n’être qu’un voile publicitaire à des pratiques moins louables en matières de développement économique ou humain.

 

Extrait d’une présentation sur le thème des achats durables en entreprise réalisée par Zofia Zusman, Luisa Castro et Nabil Ben Ammar à l’université de Lille 1 en novembre 2007. Cet extrait présente une analyse critique de la problématique, réalisée par Nabil Ben Ammar.

 

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